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Survivre

Le mur céda, je fit tomber des briques de l’autre coté du mur. Un vent frais vint me balayer le visage m’encourageant à continuer. Un passage fut ouvert rapidement, car l’humidité avait déjà attaqué la paroi. Je me retournais, soudain je sentis un léger pique à l’épaule. Une balle m’avait effleuré m’arrachant un peu de peaux. Il était temps de partir.

« Vous pouvez marcher ? » demandais-je à Ophelia.

« Oui » fit-elle fière d’elle. Elle se leva mais retomba dans mes bras au premier pas.

« Je crois que je vais devoir vous aider. »

« J’y arriverais seule. » Elle se dégagea et marcha quelques pas avant de retomber sur le sol. Je n’avais jamais vu tel caractère. Mais c’était la guerrière profonde qui refaisait surface, celle qui n’acceptait pas d’aide. Je pris un morceau de bois, une ancienne lance et je lui tendit.

« Si vous refusez que je vous aide, acceptez au moins cette canne. » Elle sourit et se releva s’appuyant dessus.

« Merci, dit-elle vous êtes d’une inventivité inestimable. » Je la fixais perplexe.

« Qu’est ce qu’il y a ? » lança-t-elle.

« Je suis content de vous voir ainsi, cela veut dire que vous êtes en forme. Et c’est le premier compliment que vous me faites. »Le mur donnant sur la salle principale se fissura.

« Je crois qu’il faut y aller. » fit-elle.

Nous entrâmes dans le passage. Il ne faisait pas trop sombre, étonnamment. Ophelia allait lentement mais elle refusait mon aide. Nous découvrîmes plusieurs mètres plus loin un long escalier fin et étroit en pierre. L’ascension fut difficile, mais nous nous éloignons de la salle. Nous parvinrent dans une petite salle ronde, au bout un autre escalier. Nous fîmes alors une pause. J’avais soif, mais je n’avais pas pu prendre de l’eau. Ophelia était pâle. Quelle tête de mule. Durant l’ascension, elle avait refuser chacune de mes propositions d’aide. Je reposais ma tête contre la paroi. Je restais quelques minutes dans un silence revigorant. Un son étrange m’interloqua. Je me levais doucement et m’approchais de l’escalier par lequel on venait d’arriver. C’était des bruits de pas. On nous avait suivi, et d’après le bruit, ils étaient nombreux. Je regardais la pièce, il n’y avait rien pour nous aider. Ophelia avait également entendu le bruit. « Il me faut une solution, murmura-t-elle. » Il fallait se rendre à l’évidence, il n’y en avait pas à part la fuite. On reprit notre marche dans l’escalier. Mais il nous rattrapait vite. Enfin, la lumière du jour se fit devant nous. Il n’y avait pas de fermeture, on déboucha dans un grand buisson. Ophelia avait oublié la douleur et avait même couru. Mais à la sortie, elle s’effondra, elle avait trop forcé sur ses réserves. « Je suis désolé, annonçais-je, pour ce que je vais faire, mais cela est nécessaire.» Sans autre mot, je la pris dans mes bras, sa légèreté m’étonna encore. Au début, elle s’offusqua, mais elle n’avait plus assez de forces. Et elle comprit que je ne la laisserais pas tomber pour fuir, j’avais changé cette nuit-là, je m’en rend compte aujourd’hui. Bien sûr, j’avais toujours peur, j’étais terrorisé au fond de moi, mais une nouvelle force que je ne croyais pas posséder s’était emparée de moi. Je me mis à courir sur un sentier, nous étions en haut d’une falaise. Nos ennemis nous talonnaient de près.  Je m’explosais la poitrine, j’utilisais toute les forces qui me restaient. Je me souviens en écrivant ces mots les histoires que l’on entend dans notre monde. Ces actes héroïques faits par certaines personnes, où ce courage que l’on trouve en soi lorsque qu’on sait que la mort nous attend au tournant. Je croyais avant d’arriver à Elleana faire partie de ces gens qui lorsque le danger et la mort approchent, s’asseyent et l’attendent. Je me trompais, je faisais partie de ceux qui voulaient vivre et qui se battaient jusqu’au dernier souffle. Ou alors était-ce pour autre chose, pour Ophelia et les autres que j’appréciait tant. Mais là n’est pas la question, le corps humain, pour échapper à la mort, peut utiliser des forces qui nous sont inconnues. J’étais en train de les utiliser. Mes pieds foulaient le sol à grands pas, Ophelia se tenait à moi, elle s’était résolue à se faire porter. Je la tenais comme on tient une mariée lorsque qu’un époux pénètre dans leur demeure.  Mes muscles me brûlaient, je manquais de trébucher sur chaque racine, chaque pierre… Les branches me labouraient le visage. Je savais qu’à la moindre chute, on mourrait tous les deux. Je ne sais combien de temps j’avais couru ainsi. Nos adversaires se rapprochaient, je pouvais entendre leurs pas sur le sol. Nous découvrîmes une clairière. Celle-ci s’arrêtait sur un précipice. Je dû m’arrêter, à l’évidence nous étions coincés...

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Bruit....

  Le bruit fut assourdissant, la salle principale fut  pulvérisée sous le premier tir. Une épaisse fumée envahit l’air. Je me protégeais des éclats tout comme Ophelia qui jura entre ses dents. Je ne connaissais alors pas les jurons Oleanais, je peux dire qu’il ferait jalouser nos propres jurons. Les tirs étaient continus comme un roulement de tambour. Des débris tombaient sur le sol. La structure elle-même se fissurait. Un vieux lit double s’effondra contre le mur, malgré le bruit assourdissant provoqué par les obus, je put percevoir ce son qui nous sauva la vie. Lorsque le bois heurta la parois, j’avais entendu une résonance.  Alors je me rappelais d’un vieux cours d’histoire avec l’un de mes professeurs. C’était un petit homme barbu, toujours mal habillé mais avec une culture impressionnante. Il nous disait toujours que dans la majorité des châteaux et des forteresses, il existait des passages secrets, quelque soit le pays et la culture. J’espérais que ce précepte pouvait s’élargir à « quelque soit le monde ». Je m’avançais vers la paroi, les tirs étaient incessants. Doucement, je tapais avec un morceau de bois. Enfin, un son creux me vint. Un obus traversa la pièce et explosa près de moi, me projetant sur le sol. J’avais les oreilles qui bourdonnaient, je perdis quelques instant l’ouïe. Je revins vite à moi, je rejoignis Ophelia à quatre pattes. Je lui annonçais ce que j’avais trouvé. Elle sourit et m’ordonna de fuir par là et de la laisser sur place. « Je ne ferrais que vous ralentir » dit-elle. » « Si je vous laisse, je ne vaux pas mieux qu’eux. » Il fallait que je prenne la hachette qui était restée dans la grande salle, évidement. Dans une inconscience forte, je me glissais dans la grande salle. Des centaines de débris jonchaient le sol, et la poussière de roche m’empêchait de bien respirer. Les tirs continuaient, mais cette fois ils utilisaient des Gaitlings (Mitrailleuse manuelle). C’était un véritable nuage de balles. Je ne pouvais pas vraiment avancer, cette pluie de fer aurait fait de moi un gruyère. Soudain, ce fut le silence, ils devaient recharger leurs armes. Je sentis une pointe d’adrénaline. Je pris une large bouffée d’air et je me mis à courir. La paroi donnant sur la vallée n’existait plus, il n’y avait plus qu’un grand trou. Derrière le navire, canon braqué sur moi. Je vis la hachette, je me mis à courir. Sur le pont du navire des cris fusèrent. Je m’emparais de la hache et je repartis en courant, les mitrailleuses se remirent en route. Jamais je n’avait couru aussi vite. Je me jetais dans sale sur le ventre. Les rafales balayèrent le mur. Je respirais bruyamment et rapidement. Mon cœur tambourinait dans ma tête. Je m’avançais près de la paroi et je donnais un coup de hache. Ophelia me regardait stupéfaite.

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Monstre ou Ange ?

Je restais au moins une demi-heure seul sans le moindre bruit. Ce long silence me permit de reprendre des forces. Après avoir contrôlé une énième fois les environs, je m’assit à côté d’Ophelia. Je touchais son front, la fièvre avait diminué. Elle ouvrit les yeux. Surpris, je tombais en arrière. Elle émit un petit rire cristallin fort agréable dans une telle situation. Elle voulait s’asseoir, je l’aidais.  Je profitais du silence et du fait que j’étais seul avec Ophelia pour parler avec elle. Je ne voulais pas qu’elle perde à nouveau connaissance car l’état de ses blessures m’inquiétait. Elle l’avait compris et elle me parlait de tout et de rien, n’évoquant jamais un sujet la concernant personnellement. Pourtant, je sentais dans son regard, et dans le ton de sa voix ce que j’avais depuis notre première rencontre déduit. C’était une femme d’une force extraordinaire et une combattante émérite. Mais cette tristesse dans le fond de ses yeux témoignait de son âme sensible et solitaire. Elle agissait un peu comme moi : à l’extérieur, elle était dure comme la pierre, sans fissure apparente, mais à l’intérieur, c’était une jeune fille fragile et solitaire au passé tourmenté. Mes sentiments envers elle changèrent durant ce temps passé à rester auprès d’elle. Je commençais à percevoir des sentiments très intenses à son égard. Mais je me sentais ridicule. J’essayais surtout de chasser ces pensées qui me semblaient alors improbables et malvenues. Mais hélas l’amour est une chose, une maladie facile à attraper mais c’est moins facile de s’en défaire. La jeune femme regarda ses blessures et constata les dégâts. Un de ses bras lui faisait un peu mal, et une de ses ailes ne pouvait plus bouger. Chaque fois qu’elle provoquait un mouvement, cela la faisait souffrir. Elle entreprit de caresser ses ailes, voyant que je l’observais, elle s’arrêta. « Pardon, m’excusais-je, je n’aurais pas dû vous dévisager ainsi, c’était très malpoli de ma part. »  « Ne vous excusez pas, dit-elle en souriant et en reprenant son geste, je suis une erreur de la nature. Ces ailes, je ne devrais pas les avoir, vous devez me prendre pour un monstre.» J’étais étonné par sa révélation. « Bien sûr que non, vous êtes vraiment très belle. Ces ailles vous vont à ravir. Et puis elle sont bénies car elle nous ont sauvé la vie. » « Ne vous moquez pas de moi, ces ailes ont poussé, il n’y a que quelques jours. Ces gens m’ont connu sans, il vont croire que je deviens une espèce de créature dangereuse. Ils risquent de me rejeter pour ça. » Des larmes coulaient sur ses joues, je n’osais pas réagir. D’ailleurs, je ne savais pas quoi faire. J’orientais la discussion sur un autre sujet. « Pour moi, vous serez toujours la même, Ophelia. Si vous saviez comment sont les gens dans mon monde. Enfin, ceci n’est point intéressant… Par contre Je voulais vous demander quelque chose. » « Allez y… » « Comment avez-vous fait pour m’aider dans la salle d’étude ? » Elle haussa les épaules et m’annonça qu’elle avait du mal à dormir à cause de ses ailes et que les gardes des Algardes l’avait prévenue. Elle me remercia aussi en regardant sa plaie à la cuisse. Je lui dit que je n’avais pas fait grand chose. « Je suis navré qu’à cause de moi vous soyez blessée. » « Vous n’avez pas à vous excuser, je n’ai fait que mon travail. C’est à moi de vous remercier pour m’avoir portée et soignée. » « J’ai fait ce que j’ai pu. »  Je regardait négligemment par la meurtrière, voyant mon désarroi, Ophelia dit de sa voix douce : « Beaucoup de gens auraient fui, vous êtes resté. C’est une preuve de courage. » Je n’y croyais guère à ce moment-là. Dehors, il se mit à pleuvoir, mes yeux pénétraient la pluie à la recherche de quelconque danger. J’aperçut soudain au loin le navire que nous avions fuit. Il se dirigeait sur nous, ça ne faisais pas de doute, il nous avait repéré. Il nous fallait un plan. En voyant mon visage, Ophelia comprit, elle voulut se lever mais ce geste lui arracha un léger cris de douleur. «Fuyez » me dit-elle. « Vous avez une chance.» «Pas question, vous êtes blessée, je ne vous laisserais pas. »  J’ignorais d’où venait cette force en moi. Mon cerveau se mit à réfléchir à toute vitesse. Il n’y avait qu’une entrée, mais aussi qu’une sortie. L’escalier en colimaçon était également le seul accès. Les empêcher d’entrer était impossible. Par contre l’escalier lui était plus facile à garder. Je partis donc prendre tous les débris que je pourrais jeter dans l’escalier.  Ophelia comprit mon idée, mais elle ne pouvait m’aider à l’accomplir. Hélas, il n’y avait pas grand chose. J’empilais deux grosses pierres près de l’escalier. Le vaisseau ennemi stoppa à moins de cent mètres de notre position. Bizarrement, son flanc nous fit face. « Qu’est-ce que vous voyez ?» me demanda Ophelia.  Je lui décrivis. Soudain, je vis les sabords du navire s’ouvrir, des canons en sortirent. « Il n’ont pas l’intention de nous capturer. » Je me précipitais vers Ophelia et lui tendait la main. Elle la prit ne comprenant pas, je l’aidais à se tenir debout, elle s’accouda à moi. Tous deux nous allâmes le plus vite possible dans la salle de repos. On se colla contre la paroi, derrière laquelle se tenait la falaise. « Vous pouvez m’expliquer ? demanda Ophelia. Je ne pus lui répondre, le navire fit feu.

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Zins compagnon efficace

  Je devais enlever la balle. Je me massais les cheveux, j’avais du mal à réfléchir. Il fallait que je me concentre. Le sang ne cessait d’imbiber le coton entourant sa plaie. Je fis le tour des salles et je ne trouvais rien d’autre qu’une vielle épée rouillée, un arc sans corde… Rien de bien utile. Le bois des meubles avait pourri depuis longtemps. Je regagnais la salle principale déçu. Zins revint quelques minutes plus tard, dans sa bouche se trouvaient des plantes qui m’étaient toujours inconnues. Il m’expliqua les effets de chacune d’elle. Je mis tout de suite celles qui étaient nécessaires dans une casserole d’eau bouillante. Zins s’avança vers Ophelia, il semblait diagnostiquer son état. « Préoccupant, dit-il, elle à perdu du sang, beaucoup trop c’est une combattante mais il faut l’aider. » « C’est vrai mais je n’es pas d’outils. » « C’est pour ça que je suis ici. Je ne peux pas la soigner. Mais je peux au moins lui enlever cette balle et fermer la plaie. Ma question et est-ce que vous m’y autorisez ? » Je restais abasourdit. « Bien sûr ! fais ce que tu peux. » « J’aurais donc besoin de votre aide. » Je m’approchais, il fallait tout d’abord se désinfecter les mains. Le peu d’alcool que nous avions était pour Ophélia. Je décidais donc de tremper mes mains dans l’eau chaude. La douleur était intense mais se calma vite. On enleva le tissu qui couvrait la blessure. Celle-ci était profonde, le sang se remit à couler. Je pris un des morceaux de tissu que j’avais bouilli pour éponger le sang. Un pansement propre était près, et des pommades étaient en train de cuire. Zins garda sa forme de singe, ses pattes avant devinrent plus longues et plus lisses. Il me demanda une bassine d’eau bouillante, je lui tendis. Il trempa ses mains dedans. Il n’avait pas besoin d’instrument, car ses membres avant prenaient la forme. Je maintenais la cuisse d’Ophelia sur le matela, au début je n’osais pas la toucher. J’avais même senti le rouge me monter aux joues. On avait dû couper le pantalon en cuir, il nous gênait. Zins effectua des opérations précises, digne d’un grand chirurgien. Il commença par enlever la balle et le cuir qui était rentré avec. Ensuite, il referma la plaie délicatement avec du fil trouvé on ne sait où mais propre. Enfin, on désinfecta une dernière fois avant de remettre la bande. Zins m’aida ensuite à concocter des baumes pour les ailes et les contusions d’Ophelia et une infusion pour la fièvre. J’appliquais ce baume odorant sur chacune des blessures. Ophelia frissonnait à chaque application. ses ailes étaient d’une douceur extrême. Je me sentais gêné d’y toucher mais je n’avais pas le choix. On plaça une attelle pour une des ailes qui s’était avérée fracturée. Je ne sais pas combien de temps on resta à la soigner mais c’était nécessaire. Par contre, Ophelia ne put pas bouger durant de longues heures. Il fallait qu’elle mange, mais je ne me voyais pas aller chasser. Je demandais alors à Zins d’aller chercher de l’aide. Au début, il refusa. Je tentais de l’obliger mais rien n’y faisait il ne voulait pas me laisser seul.  J’allais le rouspéter lorsque la voix faible d’Ophelia se fit entendre. Je m’approchais d’elle, elle essayait de se relever mais je l’empêchais de le faire. « Doucement, dis-je, vous êtes encore convalescente. » Elle voulut insister mais retomba sur le dos. « Zins ? » demanda-t-elle, « Oui ma dame ? » « On vient juste de te rencontrer mais tu dois nous aider. Tu es le seul à pouvoir atteindre Arteflor et le prévenir. »  « Mais il ne me connaît pas. » « toi ? si…» interviens-je. Zins continua « Lorsqu’il m’a étudié, j’ai senti son aura de puissance, je saurais le retrouver.  »  Ophelia me demanda de l’aider à s’asseoir, c’est ce que je fis après une légère hésitation. La jeune femme enleva un de ses gants et laissa apparaître une bague d’une rare beauté. « Ceci et mon sceau, murmura-t-elle en l’enlevant de son doigt fin, Si tu le porte, Arteflor saura que je t’envoie. Fait vite, fait extrêmement vite. »   Elle relâcha ses muscles et retomba en arrière, je la retins et la laissais glisser doucement. Zins me regarda puis, soupirant, prit la bague et s’en alla, me laissant seul avec Ophelia.

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Apprenti docteur

  Je quittais la petite pleine ou nous nous étions écrasés pour entrer dans une forêt épaisse. Zins avait déniché un sentier de gibier. Celui-ci était large, Quel sorte de gibier pouvait laisser de telles traces ? Je n’y avais pas réfléchi jusque-là mais il devait certainement y avoir des bêtes sauvages. Je posais la question à Zins. Il me répondit avec un air conspirateur. « Il y a plus que tu ne puisse imaginer, mais je les fais fuir. » « Comment ? »  Tout bêtement en envoyant des ultra sons. cela perturbe les prédateurs. J’envoie aussi certaines odeurs. Cela me fit sourire, j’était rassuré. Car ayant vu les espèces domestiquées, je n’osait imaginer la taille et la force de animaux sauvages. Les contours d’une falaise se voyaient même à travers l’épais brouillard. Je repris courage, je n’osais faire de pose car nous étions exposés. J’atteignis l’entrée du poste de garde, la porte en bois était encore présente, mais dans un triste état. Je me frayais un passage à travers les ronces. La porte donnait sur une grande pièce. Il y avait des centaines de détritus, de pierres et des champignons. Je vis un escalier creusé à même la roche.  Il était comme tout bon escalier de place forte, en colimaçon. Pratique pour stopper les ennemis, moins pour transporter des blessés sur brancard. Je préférais monter d’un niveau car ici on était trop vulnérable. Je pris délicatement Ophelia dans mes bras, et j’entreprit de gravir les escaliers. Il était resté dans un bon état. L’ascension fut difficile, car le second niveau se situait à plus de dix mètres. Zins qui m’avait précédé m’indiqua la pièce centrale. Il ne restait pas grand chose, à part une table en bois et deux ou trois chaises. Des débris divers jonchaient le sol. Une cheminée trônait et dominait fièrement cette salle qui, malgré son état de délabrement gardait un cachet. Il y avait quatre autres pièces, la cuisine, la salle d’arme, la salle de repos, les toilettes. Dans la salle de repos il ne restait pas grand chose à part des morceaux de bois qui avaient servis jadis de lit superposé. J’avais toujours Ophelia dans les bras. Je trouvais enfin un vieux matelas rongé par les mites. Je déposais la jeune femme qui était emmitouflée dans une couverture. Elle était bouillante de fièvre. Il fallait que je fasse du feu. Sinon les chances pour qu’Ophelia survivre étaient minces. Je descendis en bas chercher le reste des affaires. En voyant la porte en bois ouverte, je décidais de la refermer. Je réussis à faire bouger cette masse. La porte grinça et vint se fermer. Je plaçais ensuite une poutre derrière. cela n’empêcherait pas nos ennemis d’entrer mais cela les ralentirait. Je remontais. Le soleil qui filtrait à travers les meurtrières d’observation éclairaient la pièce. Ophelia n’avait pas bougé, toujours perdue dans son sommeil. Zins, parti observer, revint. Il n’y avait rien à signaler. Cette créature était vraiment curieuse, devais-je me méfier d’elle ? Peut-être, sans doute même, mais il nous aidait cela me suffisait largement comme preuve de sa bonne fois. Et je ne saurais décrire ce sentiment mais  j’avais confiance en lui. Je touchais le front d’Ophelia, il était brûlant. Je regardais Zins « Il faut faire du feu. Sinon elle ne survivra pas. Et il me faudrait de quoi faire des médicaments avec les plantes locales mais je ne connais pas ce monde. » La créature s’en alla dans l’ancienne cuisine et se mit à fouiner. Moi je pris de l’eau dans un puits qui se situait également dans la cuisine. Je m’emparais d’un vieux sceau en cuivre que je rinçais avant de remplir. Zins apparut couvert de poussière. Il avait le sourire au lèvres. « Génial, dit-il, je me doutais bien qu’il en restait ici. » Il tenait deux pierres de couleur « Qu’est ce ? » Osais-je me demander. « J’aurais pu te traiter d’Inculte, fit-il, mais tu n’es pas de ce monde. Les explications seraient trop longues. Regarde et tu comprendras.»  Ayant pris sa forme de singe, il avança vers la cheminée et posa les pierres qu’il tenait dessus. Les pierres étaient d’aspect ovale, et de couleur rouge brique. Elles étaient de la taille d’un œuf de poule. Il plaça ses mains au-dessus. Il murmura des paroles étranges. Les pierres devinrent rougeoyantes. « Qu‘est ce ? » « Du feu sans fumée ni flamme. Ce sont des Pierrites, des pierres volcaniques magiquement modifiées. Elles gardent pendant des centaines d’année une possibilité de chauffer. Bien sûr, elles ne valent pas un bon feu, et ça ne sert pas de chauffage car leur rayon d’action est limité pour éviter des pertes. Mais tu peux poser ton chaudron d’eau dessus, l’eau va bouillir. » Il allait s’en aller à nouveau mais je lui demandais où il allait, voilà ce qu’il répondit. «  Tu dis que si tu connaissais les plantes d’ici tu pourrais l’aider. Je te ramène des plantes médicinales de chez nous. » Il s’en alla, me laissant seul. Je fis bouillir de l’eau, puis je mis le tissu dedans. Ensuite, je mis des bandelettes froides sur le front bouillant d’Ophelia. Je n’avais rien pour refermer la blessure à sa cuisse. Mais il fallait que je trouve quelque chose.

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J’entendit un cri aigu, j’avais mal dans tous mes muscles.

J’entendit un cri aigu, j’avais mal dans tous mes muscles. J’avais même mal dans des endroits où il n’y avait pas de muscle. J’étais sur le dos, je sentais des rochers me rentrer dans la peau. J’ouvris les yeux et devant moi assis sur ma poitrine se tenait Zins. Je me redressais. La tête me tournait, j’étais dans un flou. Je me relevais avec difficulté. Je mit du temps à rassembler les éléments de la journée. Soudain, son visage vint dans mon esprit. « Ophelia. » Je me mis à courir vers le haut de la pente. Je la vis, allongée sur le sol. Elle était dans un triste état. Ses ailes étaient dans un état lamentable. J’avançais, brusquement le monstre ailé qui nous avait attaqué atterrit devant Ophelia. Elle ne bougeait pas, son sang maculait le sol poussiéreux.  Je n’avais aucune arme et je me retrouvais devant ce monstre seul. Zins qui était sur mon épaule fonça sur notre adversaire mais un coup de griffe l’envoya bouler au loin. Je me retrouvais seul face à lui, il rugit pour m’intimider. Mais j’en avais marre de lui et de cette journée. J’étais dans des vêtements en lambeaux, j’avais été kidnappé, j’avais pas mal d’égratignures, Ophelia, mon amie, avait été blessée en essayant de m’aider ainsi que Zins. Il était tant que j’accomplisse quelque chose. Je sentis une force me pénétrer, elle venait de ce qui se trouvait autour de moi. Une énergie folle, enivrante s’empara de mon corps. La colère n’est jamais bonne mais je la laisse me dominer. Mes muscles maigres gonflèrent sous un fluide inconnu. Du sol, il monta une auréole bleutée. Elle m’entoura, mon bras droit se mit à trembler de plus en plus. Le monstre allait se jeter sur moi. Je tendis le bras paume ouverte. Une force colossale en sortit, une boule de feu se créa et transperça la créature qui tomba sur le sol morte. Je tombais à genoux hébété. Je sentais une puissance autour de moi, cela venait des plantes et des animaux. Je fermais les yeux pour reprendre mon souffle. Qu’avais-je fait ? Un nom vint dans mon esprit : « Ophelia » ! Je me précipitais vers elle. Elle respirait faiblement. Elle devait avoir perdu beaucoup de sang. Je déchirais ma chemise pour lui faire des attelles. J’entendis un bruit derrière moi, c’était Zins. Il s’assit à la manière d’un chat et me regarda. « Vous m’avez impressionné. » dit-il. « Je n’ai pas le temps d’en parler, est ce que tu peux me trouver un abris ? Nos ennemis vont bientôt arriver. » Il acquiesça, il se modela en oiseau et s’envola. Autour de nous, il y avait un lourd brouillard. Au moins celui-ci nous cacherait quelques temps. J’avançais vers le cadavre ailé. C’était une monture, car il portait une selle. Des besaces pendaient de chaque coté. J’entreprit de  les fouiller pour voir s’il y avait quelque chose valant le coup. Je sortis des vêtements trop sales pour faire des pansements. Par contre, une marmite et de l’alcool m’intéressèrent. Je décidais de prendre les deux besaces. Je retournais près d’Ophelia. Bien sûr cette expérience dans la nature n’était pas ma première. Quelques années auparavant, sur terre, j’étais en excursion avec mon oncle et mon grand père maternel. Mon oncle s’était brisé la jambe lors d’une mauvaise chute. Mon grand père m’avait alors appris les premiers secours. Je commençais par soigner les plus graves blessures. Mais il fallait du feu pour faire bouillir le tissu. Aucune plante ne m’était connue. Je ne pouvais donc pas les utiliser comme médicament. Ophelia se réveilla soudain lorsque je touchais à sa main écorchée. Elle m’attrapa à la gorge avec son bras valide et serra. Jamais je n’avais sentit autant de force venant d’une personne si fine. « Ophelia, haletais-je, c’est moi votre ami. » Elle avait le même regard que lors de l’altercation avec le jeune garçon. Puis en me regardant ses iris changèrent et reprirent leur couleur verte. Elle lâcha prise et retomba dans mes bras. Elle était épuisée, elle avait donné toutes ses forces pour me sauver. C’était maintenant à moi de donner les miennes. Je ne valais rien comme combattant, mais j’espérais qu’en tant que secouriste involontaire je valais mieux. Ophelia me fixait, elle gardait encore conscience. « Vous allez bien ? » demandais-je stupidement. « J’ai connu mieux ». Elle tenta de bouger mais stoppa sous la douleur. « Ne bougez pas ! dis-je en l’aidant à se rallonger. Vous avez  trop de blessures. Restez allongée. »  « Mais ils vont nous repérer… » « Je ne pense pas, le ciel est brumeux ce matin. » Je décidais de fabriquer un brancard de fortune. Je plaçais Ophelia sur une couverture qui était étonnamment propre. J’étais impressionné par sa légèreté. Elle perdit connaissance, c’était mieux ainsi, elle n’avait pas à supporter les assauts de sa douleur. Puis m’assurant que la majorité de ses blessure graves étaient bandées, je m’avançais vers un arbuste. Je m’emparais d’une hachette qui se trouvait dans une des besaces. (Le hasard fait bien les choses). Je coupais deux bâtons de même taille. Je savais que je n’avais pas beaucoup de temps. Bientôt le soleil serait à son zénith et le navire ennemi nous localiserait. J’alignais les deux bâtons, l’herbe haute ne me facilitait pas la tache. Hélas je manquais de matière, car la pluie se mit à tomber. Ophelia risquait d’attraper froid. Je regardais le cadavre de la créature ailé. En observant ces ailes en cuir exubérantes et épaisses, une idée me vint. Je peux vous dire que l’odeur était insupportable mais je n’avais pas le choix. Avec la hachette, je tranchais une partie de l’aile. Je me servit de l’os principal comme support. Je fixait un des bâtons parallèlement à l’os en hâte. M’assurant de la solidité de l’ensemble, je me décidais à allonger Ophelia dessus. Je tentait de sauvegarder ses ailes, l’une d’elle s’était repliée dans son dos, l’autre semblait brisée. Je la repliais en douceur et la protégeait avec un morceau de couverture. C’est à ce moment là que Zins fit sa réapparition. « Tu as trouvé une grotte ? » Il faisait du surplace devant moi, « A moins d’un kilomètre, c’est une ancienne tour de garde à flanc de falaise. Et il y a plus… » Il refusa de m’en dire plus et partit devant moi. Je fixais le brancard de fortune sur mes épaules grâce au lanière de cuir récupérée sur le cadavre. Les besaces pendaient sur mon épaule, je pris une inspiration et je me décidais à me lancer. Le bois du brancard, plus des sacoches, était important. Ophelia ne pesait guère bien lourd.

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Un monde de dangers

"Zins arrête-le ! » Criais-je en me maintenant à la barre. Le navire était penché à quarante-cinq dégrés. Ophelia se tenait à des cordes. Zins fila comme l’éclair et avant que notre adversaire n’ait pu faire un seul geste, sa main retomba sur le sol. Elle avait été tranchée net sans bavure.  Il hurla de douleur en se tenant le moignon ensanglanté. Zins revint près de moi. Il n’avait aucune trace de sang et il avait repris sa couleur naturelle. Neaesardis regarda son moignon ensanglanté. Il sera les dents et poussa quelques jurons. Puis regardant vers le bas de l’embarcation, il dit « Vous allez mourir pour cet affront je vous le garantis. » Sans rajouter un mot il sauta dans le vide. « Il est fou » lançais-je en m’avançant mais il ne l’était pas : une immense créature ailée ressemblant à un dinosaure volant venait de le prendre au passage. « on est mal ! » lâcha Zins. J’aurais dû lui couper les pattes. J’allais m’avancer vers la barre lorsque j’entendis une série de détonations. Je vis Ophelia se précipiter vers moi, je compris en une fraction de seconde et me jetais à terre. Le pont de l’embarcation fut balayé par des explosions. Je vis Ophélia projetée sur le sol. J’attendis la fin de la déflagration. Lorsqu’un calme apparent revint je me précipitait vers elle. Son dos avait été touché. Je retirait les éclat de bois qui masquait celui-ci. Et ce que je vis me figea sur place. Sa cape et sa tunique avait été transpercées et dans son dos, replié derrière des lanières de cuir, se trouvait deux magnifique ailes. Elle avait perdu connaissance, je la secouais pour la réveiller. Elle ouvrit les yeux, son regard était froid. « Défais mes lanières dit-elle, ces ailes sont notre seule chance. » Je pris un couteau et coupais le cuir qui englobait les ailes. Il y eu un autre série de tir mais cette fois Ophelia déplia ses ailes qui était de la couleur de sa peau. Je n’avais jamais vu spectacle plus beau. Les ailes devinrent soudainement noires, et nous entourèrent formant un mur protecteur. Les tirs les frappèrent sans le moindre résultat. Je vis Ophelia serrer des dents. La douleur devait être forte. Je ne savais pas quoi en penser, les questions et leurs réponses viendraient plus tard. Il fallait fuir. L’embarcation piqua du nez et fila à toute vitesse vers le sol. Les ailes d’Ophelia reprirent leur aspect normal. Elle les déplia de tout leur long, c’était un spectacle d’une beauté et d’une pureté rare malgré l’instant. Je me retrouvais à nouveau au paradis. Elle s’avança près du bord et me tendit la main : « Vous me faites confiance ? » demanda-t-elle. « Oui » dis-je peu rassuré. Alors collez-vous à moi c’est notre seule chance. Je n’osais pas, mais elle s’approcha de moi et ce sera contre moi. Mon être entier vibrait, je sentais le vent autour de mes oreilles. Zins fit apparaître des ailes sur son dos et décolla. « Prêt ? » Lança-t-elle. Je ne pu donner ma réponse car elle avait déjà déplié ses ailes. Nous volions, tous les deux nous volions. L’embarcation s’écrasa dans une petite plaine. « Je ne tiendrais pas longtemps dit Ophelia, j’ai perdu trop de sang, et j’ai aussi perdu l’habitude de voler.  Elle décrivit des cercles pour atterrir en douceur. Soudain, je vis une créature nous foncer dessus. C’était la même qui avait aidé Neaesardis. Je voulus prévenir Ophelia mais il était trop tard. La créature frappa la jeune femme dans le dos. Elle tenta de se maintenir mais elle  ne le pouvait pas. J’étais à deux mètres du sol.  Lâchez- moi dis-je, elle refusa, j’insistais mais elle était bornée. Le monstre ailé nous attaqua de nouveau. Ophelia réussit à l’éviter de justesse mais les griffes entaillèrent sa peau. La jeune femme sera les dent, la douleur semblait atroce. Notre adversaire se retourna et piqua sur Ophelia une nouvelle fois. Cette fois, elle ne put l’éviter. Le choc fut violent, Ophelia et moi fûmes projetés sur le sol où nous dévalâmes une pente. Je m’écorchais tout du long et perdit partiellement connaissance.

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Zin le sauveur

  Elle s’empara d’un sabre de son ennemi qui tenait ses mains plaquées sur son crâne. Sans la moindre hésitation, elle le transperça. Profitant de la panique, elle s’empara alors d’un fusil. Sa blessure à la cuisse n’avait pas l’air de la gêner. Le singe sauta sur la tête de leur chef et leva sa queue encore ensanglantée. J’entendis une voix puissante venant de la bouche de la créature. « Faites cesser les combats sinon vous mourrez. » Faerzs, tremblant, ordonna a ses Kharpêts de lâcher leur armes. Ils le firent malgré eux. Tous nous jetèrent des regards acérés. Ophelia qui avait enlevé ses bracelets profita de ce calme pour se faire un garrot. Elle se releva et regarda autour d’elle. Elle aperçut la barge volante qui nous avait conduits jusqu'à ce navire. Elle me le montra, tous deux, nous avançâmes vers ce canot. Nos adversaires voulurent bouger mais leur chef leur ordonna de rester sur place. Le « singe » avait enfoncé ses griffes dans son crâne écailleux. Ophelia s’adressa à lui « Neaesardis, suivez nous je vous prie. » Nous montâmes tous les quatre dans le canot. » « Si vous tentez quoi que ce soi annonça Ophelia je le tue. » Elle fit fonctionner la machine à vapeur. Je m’occupais de défaire les amarres. Les deux hélices qui ressemblaient à des pales de moulin se mirent en fonctionnement.  Nous nous éloignâmes du navire à toute vitesse. Ophelia attacha les bras du prisonnier avec les bracelets. La petite créature me regarda avec un regard incongru. Elle sauta du crâne du Fearzs sur le support de la barre de direction que je tenais. Elle ne dit rien et s’allongea sur le support. « Quelle est cette chose ? » demandais-je à Ophelia qui était très pâle. « Je ne sais pas, mais elle nous à aidé. Elle semble n’obéir qu’à vous. » « Vous allez bien ? » Demandais-je. « On fait avec, mais je ne tiendrais pas longtemps. »  « Vous feriez mieux de vous rendre. » annonça de sa voix grossière Neaesardis. « Mon maître vous fera subir mille châtiments pour cet affront. De toute façon, vous n’irez pas loin Ophelia. Vous êtes blessé et la personne qui vous accompagne n’est qu’un pleutre. » « La ferme » vociféra Ophelia. Le petit singe dressa le dos et à la manière d’un chat feula. J’entendis le Faerzs ravaler sa salive. Je m’adressais à la petite créature. « Comment vous appelez-vous ? »  Elle me fixa à nouveau et dit « Je m’appelle Derfardertuais dejafuans Nedoand Edazuniofsas. Mais ont me surnomme Zins noble libérateur. » « Bien Zins, je peux t’appeler Zins ? » Il acquiesça. « Excuse-moi si ma question est stupide mais qu’es-tu ?. »  Il allait répondre mais il se tut, il se dressa sur sa queue et semblait humer l’air. « Qu’est ce qu’il y a ? » demanda Ophelia en se redressant. Elle serra les dents sous la douleur de sa jambe. « On est suivi, le navire nous suit. Mais il y a autre chose. » Nous regardions tous trois en arrière, relâchant notre vigilance sur notre adversaire. Celui-ci en profita pour s’emparer d’un pistolet qu’il arma. « Ne bougez pas dit-il, sinon je vous arrose. » Zins fit le dos rond, il prit une couleur noire. Sa peau semblait devenir dure comme de l’acier. « Ordonnez à cette chose de ne pas bouger sinon je vous tue. » « Je ne la contrôle pas»  dis-je.  Il pointa son arme vers Ophelia et la menaça. « Dit à cette chose de reprendre son aspect normal ou je lui fait sauter la tête. »  J’étais toujours devant la barre de direction. Il y en avait trois : une pour babord, tribord, une autre pour Adbord(Haut) Sadbord (Bas). Et enfin une pour contrôler la gîte du navire. Certains auront je pense déjà compris l’idée qui me traversa l’esprit. « Ophelia ! criais-je agrippez- vous. » Je tournais violemment la barre de droite contrôlant l’équilibre. Le navire bascula sur le flanc droit. Le Faerzs fut déconcentré.

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Le sauveur bleu

Ophelia était à genou. Du sang coulait de sa blessure.
« Vous êtes une ordure ! ! ! Grondais-je. »
« Non, c’est vous qui m’avez obligé à tant d’extrémité, on a assez joué. Faites ce que je veux et vite. Sinon je lui tirerais dessus autant de fois que cela sera nécessaire. Je vous laisse deux minutes pour réfléchir. »  Les deux gardes me lâchèrent, mais je ne pouvais pas bouger. La situation avait empiré, Ophelia perdait du sang. Elle était maintenant assise sur le sol. Je croisais son regard, je compris que je ne devais pas céder. Mais si je ne le faisais pas elle mourrait. Je balayais des yeux l’endroit où nous étions. Je vis la pierre, pourquoi provoquait-elle tant de remous ? Soudain, je l’entendis à nouveau. Son chant emplissait mes oreilles. Là, je compris ce qu’elle essayait de faire. Ce chant n’en était pas un, la pierre me parlait. Elle m’envoyait des mots, elle parlait de maître et de défense. Elle pouvait m’aider, je le savais. Je ne sais pas pourquoi ni comment mais je lui fit confiance.
« C’est d’accord » dis-je, j’accepte de vous aider.
« Bien, on avance. » Je m’approchais de la pierre sous le regard des gardes. J’entendis la voix d’Ophelia
« Ne faites pas ça ! Il nous tuera de toute manière ! Alors pourquoi l’aider ? » 
« Silence ! » Cria le Faerzs. Il allait la frapper mais je le retins.
« Laissez-la où vous pourrez toujours vous faire cuire un œuf. » Il recula l’air furieux, je savais que si je ratais mon coup, on allait mourir dans d’atroces souffrances. La pierre était en face de moi. J’avançais mes deux mains, je ne savais pas pourquoi elle ne parlait qu’à moi et quelle était la raison qui faisait qu’ils pensaient que j’étais important.  Mes deux mains touchèrent les deux parties de couleur. Je n’avais plus peur. Il y eu un léger picotement comme une décharge électrique. Je sentis la présence d’une entité dans mon esprit. Je fermais donc les yeux. La pierre me demanda qui j’étais, je lui répondis que j’étais un égaré et je lui donnais mon nom. Elle parcourut ma mémoire je le sentais, la sensation était étrange. Enfin, une image se forma dans ma tête. C’était une forme bleutée.
« Bonjour, dit-elle, nous n’avons pas le temps de beaucoup parler mais sache que la créature qui constitue cette pierre t’est offerte. »  Il y eu un flash. J’ouvris les yeux et me reculait. J’étais entouré d’une auréole jaunâtre. Les pierres scintillaient, soudain sa surface devint liquide. Elle semblait se retirer, une forme se créa, une créature était en train de se former.
« C’est quoi ce bordel ? » fit Gramoche. Le Faerzs lui ordonna de se taire et s’avança vers la table où la créature était en train de se constituer. Elle prenait de plus en plus l’aspect d’un singe. Neaesardis approcha son monstrueux visage de la petite créature. Celle-ci brillait sous le soleil, elle était d’aspect bleu. Les deux cristaux qui étaient sur le côté de la pierre formaient ses yeux. C’était vraiment une créature étonnante et je n’étais pas au bout de mes surprises.
« Bonjour petite créature. » annonça le Faerzs. Celle-ci le regarda avec attention, ses deux yeux devinrent rouges.
« Tiens-toi près » me dit une voix dans ma tête. La petite créature sauta soudain et se retrouva sur la tête d’un soldat ennemi qui avait eut le malheur de se trouver là. Il fut surpris, ce fut sa dernière réaction. La queue du singe en pierre devint solide comme l’acier et lui transperça le crâne. Puis elle émit un sifflement aigu fort désagréable. Celui-ci désorganisa nos ennemis. Ophelia profita de cela.

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Petite conversation entre ennemi

  Nous restâmes au moins une heure dans la soute. Je n’avais hélas rien trouvé de probant pour aider Ophelia à se défaire de ses bracelets. La trappe s’ouvrit laissant apparaître un beau soleil. Des soldats Kharpêts nous firent sortir sans ménagement. On se retrouva sur le pont du navire. De chaque coté du bastingage, on pouvait apercevoir les montagnes. Nous devions être très loin de la forteresse.  Un Faerzs, (La caste au dessus des Kharpêts) vint nous voir. Il était affublé d’un élégant costume sans le moindre goût. Sur une table posée au centre du pont la pierre trônait fièrement.

« Bien, je me présente à vous, noble invité. » dit la créature en se massant une corne qui lui sortait du menton. « Je m’appelle Neaesardis Defrias. Et j’ai un gros problème. »

« Moi aussi, le coupa Ophelia en signe de défit, mais je tente de les résoudre seule. Je ne demande pas à mes chienchiens d’y aller pour moi.» Neaesardis claqua des doigts, un de ses gardes donna un coup de crosse dans le ventre d’Ophelia qui ne put s’empêcher de se courber. Les gardes la forcèrent à se mettre à genou. Le Faerzs s’accroupit et l’attrapa par son chignon, il l’obligea à croiser son regard.

« Ecoute-moi, poufiasse, ça n’est vraiment pas le moment de m’énerver. » Il relâcha sa prise et se releva, il croisa mon regard et dit :

« Quelle image doit-on vous donner de notre monde étranger. Alors c’est donc vous cette personne que le maître craint tant. Pourtant vous ne semblez pas très dangereux. » Il se lava les mains dans une coupole qu’un domestique venait de lui apporter. Il s’assit devant une petite table ou trônait des aliments peux appétissants. 

« Bon, passons aux choses sérieuses. Je veux que tu m’ouvres cet objet. » Je le regardais avec méfiance, puis je demandais : « Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je vous aiderais ? »

« Des questions ! toujours des questions, fais-le et ferme-la ! »   J’allais m’avancer lorsque je croisais le regard d’Ophelia, je compris que je ne devais pas le faire.

« Non » dis-je d’une voix peut rassurée. Le Faerzs frappa du poing sur la table où il s’était assis pour manger.

« Voilà qu’il devient courageux. Vous me compliquez les choses. Bien… » Il se leva et s’approcha de moi, son haleine était insupportable.

« Vous refusez donc de coopérez ? » 

« oui » fis- je.

« Dans ce cas… » Il s’empara d’une arme et la pointa vers moi. Ophelia nous regardait avec effarement. Elle se tenait debout fière comme toujours. 

« Bien, je vais vous tuer si vous ne faites pas ce que je dis. » Je ripostais

« Si vous me tuez, vous ne pourrez pas ouvrir cette pierre. » « Oui, fit-il, suis-je bête, mais je pourrais vous tirer dans la jambe ? »

Il posa le canon du pistolet sur ses lèvres.

« Mais si je vous blesse vous risquez de tomber dans les pommes, je ne peux me le permettre. »  J’annonçais

« C’est sûr » Il tourna son regard vers Ophelia. Tout en pointant l’arme vers elle, il dit

« J’ai une meilleure idée. »  La détonation fut assourdissante, la balle perfora la cuisse d’Ophelia qui sera les dents pour retenir la douleur.

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Dans la soute...

 

Nous avions à peine posé le pied sur le pond que l’on nous entraîna tous deux dans la cale. Sans le moindre ménagement, on nous y jeta. On avait mis des bracelets en fer autour des poignets d’Ophelia pour l’empêcher de faire la moindre action. Le navire s’ébranla et se mit en route, j’entendais la machine à vapeur se mettre en route. Je tournais comme un lion en cage, elle était assise le long de la paroi, les genoux contre sa poitrine.

« Asseyez-vous. me dit-elle, vous me donnez le tournis. » Je cherchais autour de moi un moyen de fuir mais je dû me résoudre à m’asseoir. Je m’excusais et je m’asseyais en face d’elle. Sa joue avait enflé sous le coup de la gifle.

« ça va ? » me demanda-t-elle. Je regardais le sol.

« Je ne sais pas trop, je suis dans un monde inconnu, des gens viennent de m’enlever et veulent me tuer… » Je soupirais et la regardant je lui demandait :

« Comment vous faites pour garder à ce point votre calme ? »

« J’ai l’habitude de ce genre de situation. Il semble que vous pas. » 

« Oui, je sais, je ne suis qu’un poids de plus. »

« Je n’ai pas dit cela. »

« Mais vous l’avez pensé.  Je sais que je ne suis pas aussi fort, je ne suis qu’un garçon rêveur. Cela n’est pas fait pour moi. Je voudrais bien pouvoir me battre mais je suis faible un point c’est tout. Je suis désolé. »

« De quoi ? »

« Bein, de vous avoir entraîné là-dedans à cause de mon incompétence. Je vous ai causé beaucoup d’ennuis. » Elle sourit et dit

« Ne vous tracassez pas pour moi, et ne remplissez pas votre vie d’un tableau si noir. Vous faites ce que vous pouvez c’est tout. Il n’y a pas de mal à avoir peur. Tout le monde à peur, vous verrez vous apprendrez à lutter contre cette peur. Bien, maintenant cherchons un moyen de s’enfuir.. »  J’acquiesçais.

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Prisonnier?

« Si tu bouges, je te tue » dit-il. Il regarda vers la grande salle. On aperçut une forme se mouvoir, il s’adressa à ses subalternes.

« Mais qu’est ce que vous attendez, tuez cet incongru personnage ! »

L’un des monstres se jeta en avant, sa tête roula en arrière. Ophelia l’avait devancé et à la vitesse de l’éclair son sabre lui avait tranché la tête. Je sentis la créature à coté de moi s’impatienter.

« Bon, marmonna-t-elle, puisque c’est ainsi… » Elle sortit de son étui un pistolet qui semblait lourd. Il tira en l’air.  Et de sa voix cruelle, elle dit

« Ecoute bien, toi là-bas, rends-toi ou je fais sauter le crâne de cet abruti. » Pour justifier ses dires, il appuya le canon froid de son arme sur ma tempe. Ophelia s’avança dans la lumière, elle tenait l’un de ses deux sabres ensanglanté dans sa main. Mon adversaire ne put s’empêcher de grogner

« Général Laënais, ou devrais-je dire : Grande Osiris… C’est un honneur de vous revoir. Mes yeux sont ravis de vous voir. » Ophelia leva son sabre, elle dit d’une vois que je ne lui connaissais pas.

« Garde ta salive Gramoche, je croyais que tu étais mort. Mais tant mieux, ça me permettra de te tuer. »

« Triste créature humaine, tu ne connais pas ma force. Je te soumettrais et tu deviendras mon esclave. Mais trêve de bavardage, j’ai des ordres et je dois les tenir. Tu nous seras d’une aide précieuse. Jette tes armes ou je le tue. »

Ophelia ne cilla pas. Elle ajouta. 

« Il n’a pas d’intérêt pour moi, tu peux le tuer. » Sur le moment, la réaction m’avait paru incroyable.

« Rhaa… vous m’agacez vous, humains, à toujours essayer de sauver vos semblables. Tu ne veux pas jeter tes armes ? Alors tant pis. » Il arma son arme, et allait appuyer sur la détente. Il reprit d’une voix cruelle,

« Je n’attendrais pas plus longtemps, alors jette des armes maintenant. J’entendis le bruit de l’épée d’Ophelia qui venait de heurter le sol. Elle laissa sa ceinture supportant ses deux colts tomber sur le sol et enfin son second sabre.

« Bien » dit le monstre on avance. » Dans une langue que je ne compris pas, il s’adressa à un des ses congénères. Celui-ci   attacha Ophelia sans la moindre douceur. Ophelia, les mains liées, s’adressa au monstre :

« Libère-le ! il n’est pas de ce monde, ce n’est qu’un abruti qui n’a aucune utilité. »

« C’est là que tu te trompes  Ophelia et tu le sais. Mon maître en a besoin et je vais lui ramener. Et toi tu viens avec nous. Allons y, nous avons suffisamment perdu de temps. » Un des monstres s’empara de la pierre et la glissa dans un sac en toile. Nous sortîmes de la salle, et arpentâmes les couloirs. Ophelia et moi étions entourés par nos quatre ravisseurs. Je regardais ma compagne d’infortune du coin de l’œil. Elle gardait la tête froide, elle dit en direction du chef de la bande.

« Je ne sais pas comment tu es entré mais tu ne pourras pas ressortir, j’ai prévenu les gardes. » Le monstre se retourna et la foudroya du regard. Il s’attendait sûrement à ce qu’elle baise les yeux mais elle ne le fit pas.

« Ecoute-moi catin, vous les humains vous êtes décidément tous pareils. Si la garde était prévenue, elle serait déjà là. Alors maintenant tu te tais. » Ophelia lui cracha au visage. Furieux, il lui donna une violente gifle. Mais elle ne cilla pas. On nous  mena au quai bâbord de la forteresse. Plusieurs navires y étaient amarrés. Des navires volants. Jamais je n’aurais songé monter sur l’un d’eux en de telles circonstances. J’étais vraiment dans une sale situation, mais la présence d’Ophelia me rassurait. Nous fûmes contraints de monter dans un canot qui nous conduisit dans un navire qui se trouvait à une centaine de mètres de la forteresse. D’après son aspect, il était très certainement à des marchands. Il l’avait sans doute volé pour pouvoir approcher en toute discrétion. Nous avions à peine posé le pied sur le pond que l’on nous entraîna tous deux dans la cale. Sans le moindre ménagement, on nous y jeta.

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Otage

  J’étais juste derrière une baie vitrée. Je regardais discrètement vers l’intérieur. je distinguais six formes. Elles portaient des capes noires. Et il émanait d’elle une horrible puanteur. Elle farfouillait dans les papiers à la recherche de Dieu sait quoi. Mais j’imaginais sans peine qu’il s’agissait de la pierre. Il était étrange qu’il ne l’ait pas trouvé, Arteflor l’avait laissée sur son bureau. A moins qu’elle ne soit tombée ? Ou qu’il l’ai mise autre part ? Je regardais vers le sol, les créatures me tournaient le dos. Soudain je la vit, je la sentis même. Elle chantait. La pierre émettait une petite musique douce. Je compris que seul moi pouvais l’entendre. Je voulais m’emparer d’elle. Le bureau d’Arteflor était légèrement en hauteur. Comme une pergola dans une immense pièce. Je fis le tour du bureau qui était en fait circulaire. Me baissant, j’approchais ma main de la pierre, j’avais passé mon bras à travers un des barreaux de la cloison en métal ouvragé. J’étais hélas trop loin pour attraper l’objet. Je regardais vers les intrus pour voir s’ils ne m’avaient pas repéré. Mais il n’y avait que cinq formes. Il en manquait une, je sentis un frisson me parcourir l’échine. Je cherchais du regard l’autre forme, mais elle n’était plus là. Je me retournais et fus pris de panique. Une créature aux yeux rouges et à la chair décomposée me regardait. Je voulus m’emparer de mon arme, mais elle m’attrapa par le col. Sans autre forme d’action, elle me projeta dans l’un des nombreux vitraux entourant le bureau. Je sens encore la violence de l’impact sur mon dos. Je traversais la pièce et heurtait une armoire en bois. Je me retrouvais sur le ventre, j’avais mal dans les muscles de tout mon corps mais il fallait que je me relève.  Je poussais sur mes bras, mais je ne pus me redresser. Une de ces créatures me plaqua dos au sol et posa sa botte sur ma poitrine. Je sentis une lame d’acier glaciale sur ma gorge. Je voulais me débattre mais la chose accentua la pression. Elle décida de me soulever de terre. Son sourire aux dents acérées me faisait frémir. Elle finit par faire entendre sa voix glaciale.
« Regardez ce que nous avons attrapé. Finalement on n’aura pas besoin d’aller le chercher il vient tout seul. » Je le regardais avec effarement, comment de si repoussantes créatures pouvaient survivre ?  Je ne voyais aucune échappatoire, je finis par dire ce qui me passait par la tête.
« J’ai prévenu les gardes, ils arrivent. » Le monstre se mit à rire, enfin c’est son gargouillement que je pris pour un rire.
« Tu es ici depuis plusieurs minutes, si tu avais prévenu les gardes, ils seraient déjà là. » Il se baissa et approcha sa main de ma gorge. Puis il me souleva. Il ne m’avait pas cru, j’avais tenté de faire du bluff comme dans les grands films mais là c’était d’évidence complètement raté.
« Ecoute bien cul terreux, me dit la créature, Je ne sais pas pourquoi tu a tant d’importance pour mon maître mais sache bien ceci. Si tu ne coopères pas avec moi je peux devenir très méchant. » Sur ces derniers mots, il accentua sa prise sur ma trachée. De son autre main, il enleva mes armes et les laissa sur le sol.
« Je ne sais pas à quoi elles peuvent bien te servir tu n’est qu’un poltron. Pourtant mon maître a peur de tes pouvoirs. Arf, c’est à ne rien comprendre. » Je ne savais pas comment répliquer. Soudain, au fond, j’aperçus une silhouette. Je reconnu Ophelia, elle s’avançait à pas feutrés. Il fallait que j’occupe les monstres. Je demandais
« Qu’est ce que vous voulez de moi ? A quoi je peux bien vous servir ? » Les yeux rouges qui étaient ronds se transformèrent en deux faucilles.
« Mon maître veut que tu nous ouvres cet objet. (Il pointa sa main visqueuse vers la pierre). Je ne sais pourquoi mais il ne semble répondre qu’à toi. Pour le reste, tu n’as pas à savoir. »  Je voulais lui donner un coup de pied mais son regard me dissuada de le faire. Je compris aussi que dès que l’objet serait ouvert, je n’aurais plus longtemps à vivre. Je regardais la créature dans les yeux avec le maximum de courage. Je ne pense pas lui avoir fait peur, loin de là. Mais comme beaucoup de choses, j’appris à terroriser mon ennemi d’un simple regard.
« Je ne vous aiderais pas. Car de toute façon, vous allez me tuer après avoir obtenu de moi ce que vous voulez. » 
« On ne peut rien te cacher stupide humain. Mais il y a des centaines de façon de mourir. Et je peux tellement m’amuser avec toi que tu souhaitera une mort rapide.»  Je sentis ses griffes entrer dans ma chair. Brusquement, il y eu une détonation, l’une des créatures s’effondra sur le sol, morte. « Bordel fit le monstre, qu’est ce qui se passe encore ? »

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ELLEANA, jour vingt et un. jour à Elleana : 40 Auoêrt du second cycle en 17808

 
Je me réveillais en sursaut. J’étais en âge, la nuit était encore profonde. Je me frottais les yeux. Je sentais que quelque chose m’appelait. L’objet m’appelait. Je voulais résister, mais la curiosité était plus forte. En m’entourant le bras, il avait créé une sorte de connexion entre lui et moi. Il ne me voulait pas de mal, s’il avait réagi ainsi c’est parce que j’avais peur. Je voulais me rendormir, mais le doute c’était insinué en moi. Je remuais dans mon lit tant et tant que j’étais maintenant complètement réveillé. Il devait être cinq heure du matin. Je me levais et m’habillais. Je pris pour la seconde fois ma ceinture supportant mes armes. Mettre un tel accessoire me paraissait encore étrange, mais j’apprit vite à ne plus m’en passer. Ces armes était la marque de la personne qui les portait. Je sortis de ma chambre. La nuit était fraîche, je passais par le centre du vaisseau pour atteindre la Salle des études. Je savais que je ne devais pas faire cela, mais une force inconnue m’inspirait que c’était une nécessité. Je finis par arriver au bord de la salle. Elle n’était pas gardée, je trouvais cela étrange, surtout sachant les trésors qui se trouvaient derrière. Je regardais sur le sol et je fus pris de stupeur, j’aperçut du sang. J’aurais put tourner les talons et fuir comme un pleutre. Mais je ne pouvais pas, ceux qui avait laissé ce sang en voulaient très certainement à l’objet que j’avais découvert. J’entendit du bruit dans la salle. Je poussais délicatement la porte en bois et je pénétrais par l’ouverture. Je m’étais baissé pour éviter que l’on me voit. Je m’avançais derrière une table en bois. De l’autre coté de la table, au fond de la salle je vis de grandes silhouettes élancées. Elles étaient dans le bureau d’Arteflor. Je me retournais pour mieux avancer et je tombais devant un garde. Je fut glacé de terreur. Il avait les yeux ouvert, une entaille de la taille de mon doigt serpentait sur sa gorge. Une flaque de sang entourait son corps inerte. Je n’avais jamais vu de cadavre avant cela, et rien de ce que j’avais vécu n’aurait pu me préparer à cette vision. Je sentais mon repas remonter. Cette vision imprima mon esprit. Dans les livres, les héros tuent des hommes, et voient des cadavres tous les jours et ça ne semble rien leur faire. Mais lorsqu’on voit cela la première fois, ça a quelque chose d’écœurant. On se rend compte alors de la fragilité de la vie. Je me forçais à continuer, mon cœur battait plus fort. J’aurais aimé dire que je m’étais levé et que j’avais tué ces créatures mais je ne pouvais pas. Je n’étais encore qu’un adolescent devenu adulte. Je marchais donc à quatre pattes dans l’ombre, en me rapprochant du bureau au fond de la salle. J’entendais des éclats de voix qui m’étaient inconnues

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La terre, Jour depuis le réveil : 250. Automne pluvieux de 2007.

Ma vie s’écoule avec la même monotonie. Plus le temps avance plus je doute, je ne peux m’en empêcher. Tu m’as toujours forcé à me battre. Tu m’a montré les meilleurs choses que j’avais en moi. Mais le temps s’écoule devant moi, comme fait le sable dans les mains. Plus j’écris et moins je crois avoir vécu tout cela.  Suis-je en train de t’oublier ? Toi pour qui mon cœur n’a jamais dansé si fort ? Cette question qui me taraude depuis mon réveil me hante… Es-tu réelle ? Existes-tu ? Ton contact me manque. Tes sourires, tes pensées, que tu partageait avec moi. Cela se trouve, c’est le fruit de mon imagination, mais ça fait si mal. Je ne peux m’empêcher de douter, car je n’ai rien qui me rattache à toi. Je ne peux m’appuyer sur aucun objet à par mon souvenir pour te rendre réelle. Est-ce que si je t’oublie, tu mourrais ?  J’ai froid dans mon âme et dans ma conscience. Chaque fois que je ferme les yeux je te vois, je peux sentir tes caresses, entendre le son de ta voix. Mais le temps et cruel, il dérobe chacun de mes souvenirs.

Si seulement tu étais à mes côtés, avec toi, ma vie serait faite de découvertes. Chaque moment passé à tes cotés est unique. Je ne peux m’empêcher d’être triste en voyant les couples passer devant moi. Il sont si heureux, comme nous l’étions. Mais hélas dans mon monde ce n’est pas comme à Elleana, les gens sont tristes et mornes. Si seulement il pouvait voir la lumière d’Elleana...

 

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