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Survivre

dimanche, mars 7th, 2010

Le mur céda, je fit tomber des briques de l’autre coté du mur. Un ventfrais vint me balayer le visage m’encourageant à continuer. Un passage futouvert rapidement, car l’humidité avait déjà attaqué la paroi. Je meretournais, soudain je sentis un léger pique à l’épaule. Une balle m’avaiteffleuré m’arrachant un peu de peaux. Il était temps de partir.

« Vouspouvez marcher ? » demandais-je à Ophelia.

« Oui » fit-ellefière d’elle. Elle se leva mais retomba dans mes bras au premier pas.

« Jecrois que je vais devoir vous aider. »

« J’y arriverais seule. »Elle se dégagea et marcha quelques pas avant de retomber sur le sol. Je n’avaisjamais vu tel caractère. Mais c’était la guerrière profonde qui refaisaitsurface, celle qui n’acceptait pas d’aide. Je pris un morceau de bois, uneancienne lance et je lui tendit.

« Si vous refusez que je vous aide,acceptez au moins cette canne. » Elle sourit et se releva s’appuyantdessus.

« Merci, dit-elle vous êtes d’une inventivité inestimable. »Je la fixais perplexe.

« Qu’est ce qu’il y a ? » lança-t-elle.

« Je suis content de vous voir ainsi, cela veut dire que vous êtes enforme. Et c’est le premier compliment que vous me faites. »Le mur donnantsur la salle principale se fissura.

« Je crois qu’il faut y aller. »fit-elle.

Nous entrâmes dans le passage. Il ne faisait pas trop sombre,étonnamment. Ophelia allait lentement mais elle refusait mon aide. Nousdécouvrîmes plusieurs mètres plus loin un long escalier fin et étroit enpierre. L’ascension fut difficile, mais nous nous éloignons de la salle. Nousparvinrent dans une petite salle ronde, au bout un autre escalier. Nous fîmesalors une pause. J’avais soif, mais je n’avais pas pu prendre de l’eau. Opheliaétait pâle. Quelle tête de mule. Durant l’ascension, elle avait refuser chacunede mes propositions d’aide. Je reposais ma tête contre la paroi. Je restaisquelques minutes dans un silence revigorant. Un son étrange m’interloqua. Je melevais doucement et m’approchais de l’escalier par lequel on venait d’arriver.C’était des bruits de pas. On nous avait suivi, et d’après le bruit, ilsétaient nombreux. Je regardais la pièce, il n’y avait rien pour nous aider.Ophelia avait également entendu le bruit. « Il me faut une solution,murmura-t-elle. » Il fallait se rendre à l’évidence, il n’y en avait pas àpart la fuite. On reprit notre marche dans l’escalier. Mais il nous rattrapaitvite. Enfin, la lumière du jour se fit devant nous. Il n’y avait pas defermeture, on déboucha dans un grand buisson. Ophelia avait oublié la douleuret avait même couru. Mais à la sortie, elle s’effondra, elle avait trop forcésur ses réserves. « Je suis désolé, annonçais-je, pour ce que je vaisfaire, mais cela est nécessaire.» Sans autre mot, je la pris dans mes bras, salégèreté m’étonna encore. Au début, elle s’offusqua, mais elle n’avait plusassez de forces. Et elle comprit que je ne la laisserais pas tomber pour fuir,j’avais changé cette nuit-là, je m’en rend compte aujourd’hui. Bien sûr,j’avais toujours peur, j’étais terrorisé au fond de moi, mais une nouvelleforce que je ne croyais pas posséder s’était emparée de moi. Je me mis à courirsur un sentier, nous étions en haut d’une falaise. Nos ennemis nous talonnaientde près.  Je m’explosais la poitrine,j’utilisais toute les forces qui me restaient. Je me souviens en écrivant cesmots les histoires que l’on entend dans notre monde. Ces actes héroïques faitspar certaines personnes, où ce courage que l’on trouve en soi lorsque qu’onsait que la mort nous attend au tournant. Je croyais avant d’arriver à Elleanafaire partie de ces gens qui lorsque le danger et la mort approchent,s’asseyent et l’attendent. Je me trompais, je faisais partie de ceux quivoulaient vivre et qui se battaient jusqu’au dernier souffle. Ou alors était-cepour autre chose, pour Ophelia et les autres que j’appréciait tant. Mais làn’est pas la question, le corps humain, pour échapper à la mort, peut utiliserdes forces qui nous sont inconnues. J’étais en train de les utiliser. Mes piedsfoulaient le sol à grands pas, Ophelia se tenait à moi, elle s’était résolue àse faire porter. Je la tenais comme on tient une mariée lorsque qu’un épouxpénètre dans leur demeure.  Mes musclesme brûlaient, je manquais de trébucher sur chaque racine, chaque pierre… Lesbranches me labouraient le visage. Je savais qu’à la moindre chute, on mourraittous les deux. Je ne sais combien de temps j’avais couru ainsi. Nos adversairesse rapprochaient, je pouvais entendre leurs pas sur le sol. Nous découvrîmesune clairière. Celle-ci s’arrêtait sur un précipice. Je dû m’arrêter, àl’évidence nous étions coincés…